24/10/26

IA et intérêt général : ce qu’en pensent les citoyens

Une enquête participative britannique sur les attentes citoyennes : équité, autonomie, liens humains et responsabilité.

Une intelligence artificielle « au service de l’intérêt général » : mais qui décide de ce que signifie l’intérêt général ? Dans Making good, l’Ada Lovelace Institute donne la parole à des habitants de trois communautés britanniques. Leurs attentes invitent à déplacer le débat : avant de chercher où déployer l’IA, il faut écouter les personnes qui en vivront les conséquences.

Une enquête construite avec les communautés

Publié en mars 2025, le rapport repose sur une recherche qualitative participative menée auprès de 47 personnes à Belfast, Brixton et Southampton. Des chercheurs issus des communautés ont participé à la conception des échanges et à l’analyse des résultats. L’échantillon n’est pas représentatif de toute la population britannique : il vise à faire apparaître des expériences et des raisonnements souvent absents des débats technologiques.

Le « bien public » ne se limite pas à l’efficacité

Les personnes interrogées ne définissent pas l’intérêt général comme une simple somme de gains de productivité ou de croissance. Elles parlent d’équité, d’autonomie, de qualité des services publics, de confiance, de relations humaines et de responsabilité envers les générations futures.

Le rapport montre aussi un décalage entre les promesses de l’IA et les expériences vécues de systèmes publics ou privés déjà jugés insuffisamment attentifs aux besoins des habitants. Un outil performant ne suscite pas mécaniquement la confiance, surtout s’il est déployé sans participation des populations concernées.

Quatre attentes pour une IA réellement utile

  • Être sociale et équitable : répondre aux besoins des personnes et soutenir leurs capacités.
  • Être relationnelle et éthique : préserver le soin, la confiance et les liens humains.
  • Être ambitieuse pour l’avenir : considérer les effets sur les enfants et les générations futures.
  • Être déployée de manière responsable : n’utiliser l’IA que lorsque son utilité et sa nécessité sont défendables.

Pour les acteurs de l’ESS, l’étude propose un changement de méthode : ne pas commencer par la solution, mais par les attentes, les droits et le pouvoir d’agir des personnes. Elle rappelle également que l’impact environnemental constitue une préoccupation forte des participants.

Lire ou télécharger le rapport

Source : Eleanor O’Keeffe et chercheurs communautaires, Making good: Insights on AI and public good from diverse UK communities, Ada Lovelace Institute, 26 mars 2025, en anglais.

Consulter la publication et télécharger le PDF sur le site de l’Ada Lovelace Institute.

Cette page est une synthèse éditoriale de Nootopia. Les constats qualitatifs ne constituent pas des résultats représentatifs de l’ensemble de la population britannique.

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